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Orages

En été, les orages ne surprennent personne. Ce n’est pas le cas en hiver!

La dépression de ce weekend du 14 janvier 2017, est associée à une importante descente polaire qui a favorisé le développement d’orages et de phénomènes convectifs neigeux.
Elle s’est caractérisée par des advections d’air très froid en altitude (entre -35 et -40°C sur l’Europe de l’Ouest). Ce qui a provoqué une traîne active,c’est-à-dire un régime d’averses à répétition.
La masse d’air très froide a permis comme prévu de donner des averses de neige jusqu’en plaine. Certaines de ces giboulées ont pris un caractère orageux.

orages polaires

Les orages en été, par temps chaud et humide ne surprennent personne. Ils s’expliquent par une instabilité croissante la journée du fait de la hausse de température de la surface terrestre sous l’effet du rayonnement solaire.

Les mécanismes qui conduisent à donner des averses orageuses en plein mois de janvier par temps froid et très nuageux sont plutôt contre-intuitifs si l’on se borne à décrire l’évolution de la température près de la surface terrestre. L’instabilité, contrairement à la période estivale n’augmente pas par le réchauffement des basses couches de l’atmosphère, mais par un refroidissement excessif en altitude entre 3000 et 6000m d’altitude environ.

A la fin de l’hiver et au printemps, un tel refroidissement en altitude associé au réchauffement solaire de la surface terrestre en journée permet la formation de temps de traîne actif et d’orages polaires : c’est la traditionnelle période des giboulées de mars et d’avril.
En hiver ce type de temps de traîne produisant des orages se développent facilement sur l’océan, qui est relativement plus chaud que le continent. A la saison chaude c’est le contraire.

Tous ces mécanismes sont importants à comprendre et connaitre pour vos futurs projets de vols en parapente! 😉

Le sommet du cumulonimbus (nuage d’orage) dans un cas comme dans l’autre atteint la tropopause. Comme la tropopause est plus basse dans l’air polaire, les cumulonimbus polaires sont plus petits que ceux qui se développent dans de l’air d’origine tropical.
Si le sommet des orages en été peut facilement atteindre les 13 à 15km d’altitude dans de l’air d’origine tropical, les orages polaires sont plus petits et ne grimpent que vers 5 à 7km.

Il faut signaler qu’en été, les orages ne se forment pas seulement avec l’instabilité de la journée du fait de la hausse de température. Lors du passage d’un front froid, le mécanisme est le même que celui décrit au début de l’article. Ce sont des orages de front froid.

Orages polaires

Au passage du front froid, des rafales ont souvent dépassé les 100 km/h en plaine comme en montagne et très souvent les 90km/h. Il y a eu une baisse importante des températures et cette traîne active a permis la régénération quasi permanente de giboulées de neige notamment sur les versant nord et ouest des Alpes Suisses et Françaises avec pour conséquence un important cumul de neige fraîche. On l’attendait!!

descente-air-polaire

En remarque; malgré les températures qui sont devenues trés froides en altitude, les cumuls de neiges ont été important sur les sommets. La depression venait de l’atlantique, donc chargée en humidité. Une depression venant du Nord, est beaucoup moins humide du fait de son passage sur les terres, ( La mer Baltique a une faible superficie) d’ou de faibles cumuls neigeux dans ce cas là. Et non parce qu’il fait trop froid, comme on l’entend souvent.

Bon Ski!

Sources: l’excellent site (et application android) MétéoSuisse

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